A deux semaines du premier tour des élections régionales, le 14 mars prochain, les militants et autres curieux sont venus assister à la réunion publique du Parti Socialiste et de ses alliés.
Mais ce lundi 26 février, ils s’attendaient à mieux. En effet, c’est
dans une ambiance d’autocongratulation et de victoire presque déjà
acquise que les colistiers isérois intervenaient. En oubliant presque
de quelles élections il s’agissait. Alors que le but de la soirée était
de convaincre les quelques personnes qui hésitent encore, la réunion
s’est avérée être le dépliant parfait du «comment mettre un bon revers
à nos adversaires en prévision de 2012 ?»
Prévu à 20h, c’est avec une petite vingtaine de minutes de retard que Michel Issindou ouvre le bal des interventions dans la salle communale de Saint Martin d’Hères. Le député-maire de Gières, prend la parole et débute son discours par les regrets qu’il a de ne pouvoir assister en direct au match de rugby diffusé au même moment. Les notes d’humour passées, il est temps d’attaquer les hostilités : «c’est le moment de montrer à Sarkozy que sa politique n’a pas de sens, qu’il faut protéger les services publics et le système de protection sociale français. Depuis «l’ère Sarko», c’est le temps de l’individualisme et du chacun pour soi». Tous les sujets y passent : contrat de travail, redécoupage électoral, fiscalité et recentralisation. Les dix colistiers présents, dont Jérôme Safar, 1er adjoint au maire de Grenoble et 7ème sur la liste, acquiescent chaque intervention de leurs «camarades». Face à eux la salle se remplit petit à petit jusqu’à atteindre soixante personnes. Bien que le nombre de militants soit assez faible, l’auditoire est acquis par avance, les questions posées aux candidats peu provocatrices ou «rentre dedans».
Alors que Bernard Soulage, tête de liste en Isère, reste aux abonnés absents, Jérôme Safar, prend la parole à son tour pour répondre aux questions de l’assemblée. Mais ce qui étonne le public, c’est la manière avec laquelle le candidat semble hiérarchiser ses adversaires. Mise à part Nicolas Sarkozy, rien n’est dit sur la liste UMP du département. L’adjoint semble plutôt regretter les divisions à gauche et reproche à ses alliés politiques d’avoir «lâché la majorité sortante». Rien que ça. Dix minutes avant la fin des débats, Bernard Soulage apparaît en forme olympique. Il entre avec une heure et demie de retard, excusé par sa présence à une autre réunion militante en Nord Isère. Lui aussi insiste sur le match de rugby avant de clôturer la soirée politique par un discours peu convaincant. Un militant déçu par le spectacle confie : «Je ne suis pas sûr qu’ils aient réussi à convaincre qui que ce soit avec ce genre de discours».
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