| Ecrit par Emilie Brouze, le 26-02-2010 15:59 |
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Il y a cinq ans, le centre de santé du campus expérimente une ligne d’écoute psychologique. Personnel ou enseignants peuvent toujours faire appel à l’un des quatre psychologues pour tenter de résoudre la détresse d’un de leurs étudiants. Jean Riffard est au bout du fil.
Son téléphone noir, posé sur une tablette à droite de son bureau en formica, a sonné trois ou quatre fois la semaine dernière. Lui, un homme d’âge mur aux traits doux, est assis derrière. Cette semaine, Jean Riffard, psychologue au centre de santé du campus de Grenoble, a géré les problèmes d’absentéisme d’une jeune étudiante de l’université Stendhal. L’une de ses professeurs a appelé, plusieurs fois.
« C’est une ligne en direction du personnel et des enseignants qui se sentent parfois dépassés. Il y a toujours quelqu’un au bout du fil pour discuter et donner un conseil pour gérer un étudiant qui va mal. » Jean Riffard feuillette les fiches plastifiées du classeur où il compile sur des feuilles blanches griffonnés le contenu de chaque appel. Il cite plusieurs cas. Celui-ci souffrait de problème de comportement, ne venait pas en cours et s’isolait. Un autre, sans domicile, vadrouillait autour des résidences, des sacs plastiques à la main. « La plupart du temps, on nous parle d’absentéisme, d’isolement ou de dépression. Mais il y a des cas plus graves. On a parfois des problèmes de violence. Comme l’année dernière : un étudiant a tout cassé au département scientifique. »
Au téléphone, les psychologues livrent des conseils qui aboutissent souvent à la consultation de l’étudiant, au centre de santé. « C’est plus un travail de prévention pour résoudre des problèmes. On remplit notre mission de service public. » La démarche diffère des visites classiques. « Ici, c’est quelqu’un qui nous parle de quelqu’un. L’aide n’est pas la même. L’étudiant ne demande pas à être soigné. Tant que l’on ne parle pas, on ne sait pas... Le numéro permet de détecter certains problèmes que l’on ne voit pas trop au centre, comme l’agressivité. »
Une cinquantaine d’appels par an : la ligne d’écoute est en fait une petite part du travail des psychologues du centre, en plus des consultations spontanées. « La plupart du temps, on soigne des mal-être pas détectés avant, notamment au lycée. Ils sont souvent contenus. A la fac, les étudiants se trouvent dans une période de transition. Il y a des moments de malaise, à l’entrée et à la sortie de cette époque clé. » Au bigophone ou dans les étroits cabinets, les psychologues pansent bobos et maux. « Grandir, c’est pas évident. »
Ligne d’écoute : 04 76 82 40 70 (du lundi au vendredi de 9 h à 17 h)
Dernière mise à jour: 26-02-2010 15:59
| Tags : sante, campus, étudiants, psychologie, enseignants, élèves, jean, riffard, fil, psychologues, |
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