| Ecrit par Bastien Inzaurralde, le 07-12-2009 16:34 |
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En enregistrant The Blueprint 3, son nouvel album sorti en septembre dernier, Jay-Z a décidé de s’accorder un petit plaisir : faire passer le hip-hop dans une nouvelle ère. Le chanteur de New-
York a décidé que le temps de l’auto-tune était terminé.
Ce logiciel de distorsion de la voix – les détracteurs affirment qu’il fait sonner les rappeurs comme Phil Collins – était devenu le jouet favori de Kanye West et autres jeunes premiers du hip-hop américain depuis deux ans. Il a vécu. Pour tuer cette mode, Jay-Z chante, simplement. Pas de voix robotisée, mixée, millimétrée. The Blueprint 3 marque le retour du hip-hop à une production sobre. Ca tombe bien, on avait failli attendre.
DOA est sans conteste le titre de l’album qui incarne le mieux cette modestie retrouvée. Et pour cause, DOA est l’acronyme de « death of auto-tune », en Français « mort à l’auto-tune ». Ici, ni synthétiseurs, ni boîte à rythme, mais des saxophones, un peu, et des guitares électriques, beaucoup. Non content de renoncer aux artifices qu’il vilipende, le rappeur se permet le luxe de chanter faux dans l’introduction du morceau. Un autre petit plaisir, en somme.
Attention à ne pas s’y méprendre : The Blueprint 3 n’est pas un cours de rap ; c’est une synthèse des succès musicaux de ces dernières années. Ainsi peut se lire What We Talkin’ About, qui fait l’ouverture
du CD. Jay-Z se produit en duo avec Luke Steele, du groupe australien Empire of the
Sun. Sur quatre minutes, le rappeur chante, mais il laisse la part belle à son invité qui
déroule une partition électronique entêtante, agaçante presque. Ainsi peut se
lire Run this town, sur lequel ont été conviés Rihanna et Kanye West – pas
rancunier pour un sou Kanye, cible récurrente des sarcasmes de Jay-Z. Un tempo entraînant, des accords simples au piano, des riffs de guitares très rock dans le refrain, une démonstration des trois rappeurs actuels les plus talentueux, et forcément un classique à la sortie.
Le disque atteint son point culminant avec Empire State of Mind, vibrant et touchant hommage à New York interprété avec Alicia Keys . Et c’est là que la critique musicale devient difficile. En dire un peu, histoire d’aiguiser la curiosité, ou taire son jugement pour laisser la surprise complète ? Après avoir hésité longtemps, on a choisi la deuxième option.
Dernière mise à jour: 07-12-2009 16:39
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