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Etudiant recherche « mamie » Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
Ecrit par Julien TIlmant, le 24-11-2009 19:16
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colocation-intergenerationnelle_171.jpg

Les logements étant de plus en plus chers et les bons plans de plus en plus rares, une nouvelle forme de cohabitation à vu le jour dans les premières années du vingt et unième siècle : la colocation intergénérationnelle. Le principe, parfois décrié, est simple : un étudiant, en échange de petits services, loge chez une personne âgée pour un coût qui reste en dessous des prix du marché.

 

            Dans l’imagination collective, la colocation ressemble à s’y méprendre à une certaine série américaine, Friends. Des personnes du même âge, plutôt jeunes, partageant un même appartement pour faire baisser le coût que celui-ci pour engendrer, en particulier dans les grandes villes. Mais ce temps là semble révolu avec l’apparition d’un nouveau genre de colocation : la cohabitation intergénérationnelle. Sous ce nom barbare se cache une formule qui risque d’attirer de plus en plus de candidats à la fois soucieux de trouver un logement pas onéreux et aimant apporter un peu de soi par de l’aide à la personne.

            Suite à la canicule de l’été 2003, pour faire face à l’isolement des personnes âgées et aux difficultés rencontrées par les étudiants pour se loger en France, et dans la région Rhône-Alpes,des associations ont vu le jour pour permettre aux deux générations de se rencontrer et de remédier à ses deux formes de problèmes. C’est le cas à Grenoble avec l’association DIGI, Domicile Inter-Générations Isérois. « Une personne âgée, disposant d’une chambre à domicile et ayant besoin d’aide, peut proposer, par notre intermédiaire, de loger, contre des services à la personne et un loyer modéré, un ou une étudiante sous son toit », explique Françoise Colombel, la présidente de l’association grenobloise. C’est le cas deBernadette 68 ans, sous traitement médical et ne réussissant plus à effectuer des gestes du quotidien comme descendre les poubelles ou lever ses persiennes,et celui de Anne, étudiante en faculté de médecine, qui cherchait une chambre pour poursuivre ses études tout en étant proche de l’université. L’association, les a mises en contact et, depuis, Anne habite chez Bernadette. Si tout semble parfaitement se passer, c’est que la formation de binômes est sans doutel’étape qui est la plus scrupuleusement étudiée par l’association.

 

"De parfaits petits binômes"                                                                                    

            L’alchimie n’est pas un fantasme ,mais le produit d’un long travail de recherches et d’expertises des attentes dechacun. De chaque côté, les appréhensions se font connaître et semblent légitimes.« La personne âgée se demande comment elle pourra partager une salle de bain avec une étudiante, et de l’autre côté des questions sur la cohabitation avec une personne beaucoup plus vieille et en particulier avec ses habitudes, seposent », confie toujours la présidente de l’association. Face à ces questions, la réponse la plus simple est donc de créer des binômes parfaitement assortis. Cela demande un casting poussé et des entretiens pointus avec questionnaire à la clé. La question épineuse, soulevée par le syndicat étudiant  UNEF, est celle du statut de l’étudiant quine doit pas de substituer à une aide soignante ou du personnel qualifié. Il s’agitde partage des tâches et du plaisir d’être ensemble, non de soins à la personneou d’heures de ménage comme pourrait le faire des entreprises d’aide personnalisé professionnelles. Il faut donc que les deux parties en présence soient prêtes à jouer le jeu, dans le respect de la charte de l’associationpour que la confiance s’installe.  «  Je suis heureuse de cette présence quotidienne, je me suis retrouvée seule à la mort de mon mari et le fait que Anne soit là me réconforte et m’apporte un peu de soleil », confie avec émotion Bernadette. Quant à Anne, « le plaisir de pouvoir travailler dans de bonnes conditions et celui de me sentir utile, m’apporte beaucoup plus que mes anciennes collocations étudiantes ».

            Derrière ces aspects plutôt flatteurs pour l’association et son système, il demeure quelques problèmes à résoudre. Etant encore tout neuf, ce mode d’hébergement n’a pas de reconnaissance juridique, malgré un « contrat » entre les deux parties, aucun bail ne peut être signé. Il s’agit, comme le précise la responsable del’association, d’un accord tacite au cas par cas. De plus, comme toute forme de collocation, tout n’est pas toujours tout rose. Des conflits peuvent s’installer car il ne faut pas négliger la différence d’âge et de comportements.Les modes de vie sont parfois incompatibles et le système impossible à appliquer, malgré l’intervention de membres associatifs en tant que médiateurs. A noter que l’adhésion annuelle pourrait aussi être un obstacle puisqu’il faut débourser 175 € pour pouvoir bénéficier de ce genre de services. Un coût un peu élevé mais ridicule comparé aux frais d’agences immobilières traditionnelles. 

Dernière mise à jour: 24-11-2009 21:43

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