| Un coup de congrès dans l’eau… |
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C’est un peu la question qui vient à l’esprit après les trois jours de réflexion, débats, « réunions » de motions et autres votes à main levée auxquels ont assisté les jeunes pousses socialistes réunies à Grenoble. Les discussions ont débuté le vendredi à 13h, alimentées petit à petit par l’arrivée au compte-goutte des 345 délégués socialistes venus de toutes la France. Chacun représente sa fédération, vient confronter ses idées avec ses « camarades », défendre sa paroisse… Deux jours d’une lente torpeur, durant lesquels les militants semblent marcher en ordre dispersé, jamais vraiment « rassemblés », selon le mot en vogue chez les socialistes. Un flottement plane dans les couloirs d’Alp’expo, où le service d’ordre et de l’organisation du congrès font mine d’être très occupés, allant de droite à gauche…peut-être pour masquer leur déception suite aux annulations des venues de François Hollande, Razza Hammadi et Arnaud Montebourg. Deux jours de travail censés aboutir à l’adoption d’une motion dessinant la nouvelle ligne politique pour les deux prochaines années. Puis le dénouement tant attendu, le dimanche : le vote à bulletin secret, la proclamation résultats, mais surtout la venue de la première secrétaire du PS, Martine Aubry, qui a fait le déplacement jusqu’à Grenoble pour montrer, entre autres priorités, ce que c’était un discours anti-Sarkozy. Original.
Quelques minutes plus tard, dans la salle principale, les résultats sont proclamés. La motion 1 (« Le choix du mouvement « ) l’emporte avec 252 voix sur 345. La motion 2 (« e temps des conquêtes ») remporte 84 voix alors que la troisième (« Ne pas attendre l’avenir, le faire ! »), qui n’a pas présenté de candidat, s’attribue une part des 37 abstentions. En attendant le discours de l’heureuse élue, la salle est priée d’écouter celui de Martine Aubry, véritable raison du déplacement des médias nationaux, journaux comme télévision. Durant environ 45 minutes, les jeunes socialistes semblent être unis et applaudissent d’une seule et même voix. Puis viennent le discours de la nouvelle présidente du MJS et le malaise qui l’accompagne. Le paradoxe est évident lorsque ses partisans hurlent « tous ensembles, tous ensembles, so-cia-listes ! » au moment où les militants de la motion 2 montrent ostensiblement leur désaccord en quittant la salle. De toute façon, la grande majorité des journalistes parisiens a plié bagage sitôt le discours de Martine Aubry fini. Lorsque Laurianne Deniaud entame son discours devant son public, celui qui a voté pour elle, elle prêche des convertis. Fondamentalement, il y a si peu de différence politique entre les motions. Mais en apparence, cela ressemble à une guerre des tranchées. Dans un coin de la salle, les partisans de la motion 3 sont encore là mais n’applaudissent pas. Finalement, ce sont peut-être eux qui tiennent la solution. Ne pas présenter de candidat, éviter les affrontements de personnes entre ces éléphanteaux qui font déjà tant penser aux adultes.
Dernière mise à jour: 09-12-2009 16:26
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