| Gainsbourg, Bashung ? Non, Gallotta |
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Le chorégraphe contemporain Jean-Claude Gallotta présentait la semaine dernière son dernier spectacle : « L’homme à tête de chou ». Tiré de l’album éponyme de Gainsbourg, réenregistré par Bashung, le spectacle a ému un public plus large que d'habitude.
Même une demi-heure avant le spectacle, la file d’attente est longue. Ce dimanche 15 novembre à la maison de la culture de Grenoble, c’est la dernière de « L’homme à tête de Chou », supposée la meilleure. Pas de pression : Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, et la presse parisienne ne sont plus dans les gradins. A l’intérieur de la salle, toutes les places vont pourtant se remplir une à une, de ses retardataires qui ont poussé la MC2 à rajouter une date. Alors qu’on n’attend pas autant de monde pour un spectacle de danse contemporaine généralement. En scrutant les gradins, on aperçoit une majorité de femmes, bien sûr, des jeunes en groupes et des couples de quinquas. Soit un public de profanes. Une voix prend le temps d’annoncer « les enregistrements sont interdits » pour protéger la bande son inédite. En un instant, la musique excessivement forte, enveloppante, débute, très rock n’ roll. « Je suis l’homme à la tête de chou, moitié légume, moitié mec. Pour les beaux yeux de Marilou, je suis allé porter au clou ma Relington et puis mon break …» Sur le devant de la scène, une chaise de bureau, celle où aurait du se tenir un Alain Bashung déclinant. Les 14 danseurs passent un à un devant elle en une sorte de danse nuptiale. Sept hommes à la tête de chou, sept Marilous. Ceux sont eux qui incarnent tour à tour les protagonistes de cette histoire d’amour trop passionnelle. Trop car, lassé de cette Marilou adultère, l’homme la tue avec un extincteur…et finit complètement fou, interné, homme légume. D’où la tête de chou.
Une choré dans la lignée du travail de Gallotta Désir, violence, absence, égarement sont les émotions que Jean-Claude Gallotta et son assistante Mathilde Alcatraz font habilement passer. La gestuelle est traditionnelle du chorégraphe grenoblois : profondément ancrée danse contemporaine avec des inspirations de moderne. Des extraits de danses de salon ponctuent les duos. Pas de prouesses, pas de multiplication de pointes ou de grands écarts. Gallotta joue sur les relâchés, les bras cassés, les mains tendues. Ses chorégraphies font souvent fuir les profanes. « J’ai adoré, pourtant d’habitude je n’aime pas trop ce que fait Gallotta », explique un jeune homme qui pourtant écrit dans un journal culturel. Et si ce qui marquait le plus dans ce spectacle - qui a fait salle comble 4 soirs de suite à la MC2 - n’était pas la musique de Bashung mais l’aspect grand public ? Ce qui le rend accessible, c’est peut-être cette trame narrative sur laquelle se plaque la danse. Une première pour le chorégraphe fondateur du Centre chorégraphique national de Grenoble.
Infos pratiques sur le spectacle : Prochaines représentations au théâtre du Rond Point, 2 bis, avenue Franklin-Roosevelt à Paris, du 27 novembre au 19 décembre.
Photos Guy Delahaye
Dernière mise à jour: 08-02-2010 16:15
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