| Azouz Le Gag |
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On y va en attendant la gaffe, le bon mot, l’humour. Et ce mercredi 14 octobre à l’IEP de Grenoble, c’est carrément un sketch que nous a offert l’ancien ministre à l’égalité des chances. Donnez-lui un sujet et il est parti. Là où Florence Foresti choisit l’avion de Barbie, Azouz Begag s’attarde sur « le pouvoir de dire NON ». Une fesse sur le bureau – « pour faire tomber les barrières » – il expose : « Pour moi l’éducation c’est de savoir dire non ». Et de le décliner à tout va en parlant des jeunes des banlieues à qui, il assène des « You can make it »…Entrer à Sciences Po Paris, trouver un emploi, devenir le prochain Obama... (Chez lui, la citation anglicisée est de rigueur). En parlant de la politique, « ce sacerdoce », « où il faut chercher à servir les gens pendant 10 ans pour réussir, en s’emmerdant tous les jours ». En revenant souvent sur son père qui a éduqué ses fils sans jamais perdre de vue le mythe du retour. Ca part dans tous les sens. Mais on discerne quelques thèmes récurrents dans son discours : lui, lui….et lui. Quand il est embêté par les histoires auxquelles il se réfère, le visage du clown Begag grimace. Par moments, il mélange les chiffres, multiplie par dix le nombre de tués en Irak. Peu importe. Au premier rang, les plus jeunes étudiants le regardent avec des yeux bien écarquillés. Il jongle entre les discours : un coup moqueur en utilisant l’accent des banlieues – « tu vois » –, un coup relativement sérieux sur la notion d’individualité. A une question posée, il répond à la volée « je suis quand même plus coco que Sarko. Je respecte ceux qui ont dit NON à la guerre d’Algérie ». Et lâche quelques rares jolies phrases : « Je défends un discours post-racial à la Barack Hussein Obama. D’accord, y a des blacks, des reubeus et je comprends personnellement leurs problèmes. Mais y a tellement de blancs qui sont dans la merde que j’ai envie d’aider tout le monde, de trouver des solutions qui nous concernent tous ». Dans le fond de la salle, une rumeur se chuchote autour de sa venue… Il serait en Isère pour faire sa campagne de pub’ pour les élections régionales du Modem. Comme c’est bizarre… D’autant que Le Dauphiné Libéré vient de l’interroger sur ce thème quelques heures plus tôt. Il n’en parle pas plus. Même s’il cite le nom du parti sept fois en une heure et demie. A savoir s’il a convaincu les étudiants de Sciences Po, rien n’est moins sûr. Aucun doute sur son don principal : il a fait rire de bon cœur un amphi « over-bondé ».
Note de la rédaction : C’est confirmé deux jours plus tard : Azouz Begag sera bien tête de liste Modem pour les régionales 2010. Dernière mise à jour: 09-02-2010 10:49
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