| Ecrit par rolnin,
le 23-06-2008 15:30
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Le Quid, Britannica, Larousse, autant de noms emblématiques de cet ouvrage exposant l'ensemble des connaissances universelles : l'encyclopédie. Mais, ces dernières années, la concurrence d'Internet se fait de plus en plus dure. Et pour ne pas sombrer, les encyclopédies ont décidé de riposter.
Information gratuite en ligne, participation des internautes à l'élaboration des savoirs, le web a révolutionné l'accès à la connaissance. Devenues obsolètes, les encyclopédies "traditionnelles", éditées sur papier, et parfois en plusieurs volumes, sont en passe de devenir des pièces de musée. Fin 2007, Dominique Frémy, créateur du célèbre Quid, annonce que l'édition 2008 ne paraîtra pas en librairie. Chez Robert Laffont, éditeur de l'encyclopédie, on justifie cette décision par des ventes insatisfaisantes, qui auraient été "divisées par trois en sept ans". Le coupable ? Internet et l'encyclopédie en ligne la plus célèbre de la toile : Wikipédia.
Quant à la célèbre maison d'édition Larousse, elle avoue ne plus vendre de version papier de ses encyclopédies depuis plusieurs années, tout en soulignant que la cause d'un tel phénomène ne relève pas seulement du développement d'Internet.
Désormais, c'est aux internautes que les encyclopédies font les yeux doux.
Se distinguer de Wikipédia
Comment lutter contre le géant Wikipédia ? En s'en inspirant, bien sûr, mais aussi en s'en distinguant. C'est le pari que tentent de relever les encyclopédies traditionnelles, à l'instar de Larousse ou du Quid. En décembre 2007, ce dernier annonce la création sur son site internet d'une "zone contributive" permettant aux internautes de faire partager leurs connaissances. Une reprise pure et simple du principe participatif qui a fait le succès de son rival. S'oriente t-on, dès lors, vers un Wikipédia bis ? Pas vraiment. Car les internautes invités à contribuer au quid.fr seront des "spécialistes" reconnus, et non des anonymes. Objectif : assurer la véracité des informations mises à la disposition des lecteurs.
Même évolution chez Larousse, où l'on a lancé, le 13 mai 2008, une encyclopédie "contributive" où les articles sont rédigés par des experts, non par les internautes. Ces derniers sont invités à faire part de leurs commentaires et précisions... mais n'ont pas la possibilité de modifier le texte de référence. Larousse mise donc sur son originalité pour contrer Wikipédia : "Il s'agira de la seule encyclopédie en ligne à mettre à disposition des internautes à la fois des contenus d'un éditeur de référence et ceux d'une communauté de contributeurs ", explique t-on au service marketing de la célèbre maison d'édition.
Une stratégie rentable ?
L'heure est donc à la reprise de deux des grands principes de Wikipédia : l'interactivité et la gratuité. Mais quant au second principe, une interrogation subsiste : comment rendre de telles initiatives rentables? Pour l'heure, les stratégies financières sont plutôt floues. "Rien ne s'est imposé pour le moment sur le web. Avec la montée en puissance du site, de son trafic, on verra la meilleure façon de rendre rentable cette aventure", confie t-on chez la célèbre maison d'édition. Pari risqué, donc. D'autant que les géants du net tentent eux aussi de rivaliser avec Wikipédia : Google a annoncé la création de Knol, une encyclopédie en ligne proposant de rémunérer ses contributeurs, tandis que Citizendium, lancé en octobre 2007, propose d'encadrer les rémunérations des internautes par des experts. Pour les encyclopédies "traditionnelles", le pari est donc loin d'être gagné...
Jennifer Rolnin
Crédits photos : flickr
Dernière mise à jour : 27-06-2008 14:49
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