| Ecrit par Sandy Plas,
le 29-05-2008 14:15
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Le conseil de communauté de l’agglomération grenobloise (La Métro) a adopté, vendredi 16 mai, en vote préliminaire, l’attribution de trois nouveaux sièges pour la ville de Grenoble. Ce vote fait suite à la demande du maire de Grenoble, Michel Destot, de rééquilibrer la représentativité du conseil. Celui-ci devrait accueillir, d’ici juin, des écologistes, écartés jusque-là des bancs de La Métro.
Si la décision sonne comme un apaisement, elle semble pourtant symptomatique du divorce de plus en plus prononcé entre la majorité socialiste et le groupe écologiste. 11 avril 2008 : le nouveau Conseil de communauté de l’agglomération grenobloise prend ses fonctions à la suite des élections municipales. Sur les 68 élus envoyés au conseil par leurs communes respectives, aucun écologiste en lice. Ou presque. Eric Grasset, conseiller municipal à l’écologie et ancien Vert, banni par le parti à la suite de son ralliement à Michel Destot pendant la campagne, fait parti des 13 représentants envoyés par Grenoble.
La tension se cristallise en particulier dans la ville de Grenoble : forts des 22,5 % obtenus aux municipales et sans représentant au Conseil de La Métro, les Verts crient à « l’exclusion volontaire » qui serait menée par Michel Destot, fraîchement réélu.
La représentativité du conseil remis en cause
En cause également, selon eux, le fonctionnement non démocratique de la désignation des représentants des communes à La Métro. « Les Verts ont réalisé en moyenne 10 % sur l’agglomération grenobloise et nous sommes le seul groupe politique à ne pas être représenté au Conseil de communauté. Si une représentation équitable était appliquée, nous devrions avoir six représentants », souligne Maryvonne Boileau, tête de liste des écologistes aux élections de mars et conseillère municipale à Grenoble.
L’attribution de trois nouveaux sièges pour la ville de Grenoble calmera-t-elle cette verte colère ? L’heure est pour le moment à la prudence : « Nous sommes favorables à cette orientation, mais il ne s’agit que d’un vote préliminaire qui doit maintenant être accepté par tous les conseils municipaux de l’agglomération. De plus, le problème de la représentativité du conseil demeure et certaines communes pourraient également demander de rectifier leur nombre de représentants », avance la conseillère municipale. Si le vote préliminaire est confirmé par les communes membres de La Métro, les noms des trois nouveaux représentants de la ville de Grenoble seront connus le 20 juin prochain, ainsi que la répartition de ces nouveaux sièges entre les Verts et la droite.
« Nous n’acceptons pas sa cuisine politique d’alliance avec la droite »
Apaisement donc, mais pas aveuglement. Les stigmates des municipales sont encore visibles. Le choix de Michel Destot d’orienter sa campagne sur le thème de l’ouverture vers la droite a sonné le glas de l’entente cordiale instaurée entre les deux parties. Réunis autour de Maryvonne Boileau, les écologistes menèrent alors leur propre liste pour la ville de Grenoble, pour la première fois depuis 1995. Entre les deux tours, ni ralliement, ni concession. Quasiment assuré de son élection au second tour, même sans alliance avec les Verts, Michel Destot envisagera son troisième mandat sous l’angle d’une majorité forte.
Asseoir une majorité solide, mais également s’éloigner de l’opposition chronique des écologistes sur certains dossiers ? On se souvient du feuilleton à rebondissements suscité par la construction du Stade des Alpes : permis de construire suspendus, recours devant les tribunaux administratifs sous la houlette des élus écologistes… A l’heure où l’actuel maire de Grenoble cherche à défendre la construction de la Rocade Nord, il va sans dire que l’équilibre des forces entre la majorité socialiste et les écologistes est un enjeu majeur.
Au conseil municipal, comme au sein du Conseil de communauté, s’ils y accèdent, la posture des Verts sera celle de la défense de leurs idées. Sur ce point, Maryvonne Boileau invoque le respect de ses électeurs : « Nous avons fait campagne face à Michel Destot car nous n’acceptons pas sa cuisine politique d’alliance avec la droite. Nous nous efforçons de respecter nos engagements en apportant des débats de fonds au sein du conseil municipal. Il en sera de même si nous entrons au Conseil de communauté, même s’il n’y a qu’un élu écologiste, il se fera entendre ! »
Le Conseil de La Métro comptera vraisemblablement un élu écologiste à compter du 20 juin prochain, date de réunion du prochain Conseil. Mais ce nouvel épisode semble démontrer, une fois de plus, que la discorde laisse place désormais au divorce entre écologistes et socialistes grenoblois.
Sandy Plas
Dernière mise à jour : 30-05-2008 15:38
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