| Ecrit par Nigay,
le 16-05-2008 10:51
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Lundi 12 mai, 22h30 : le Stade des Alpes entre en fusion au coup de sifflet final d’un match insipide face à la Berrichone de Châteauroux, qui s’est soldé par un poussif 0-0. Mais qu’importe : le Grenoble Foot 38, s’il n’a pas gagné cette rencontre, a gagné le droit d’accompagner Le Havre et Nantes en Ligue 1. Un véritable exploit pour une équipe qui a fini le championnat en trombe et qui se tourne désormais sereinement vers l’élite.
Mécha Bazdarevic, l’entraîneur grenoblois de 48 ans, n’avait que 3 ans lorsque Grenoble disputait pour la dernière fois une rencontre de Ligue 1. C’était en 1963 et à l’époque Grenoble jouait au vélodrome Charles Berty, situé au même endroit que l’actuel… Stade des Alpes. Et depuis 45 ans, les Grenoblois n’ont pas pu pénétrer le cercle très fermé des vingt meilleures équipes françaises. C’est chose faite, même si peu aurait misé une poignée d’euros en août dernier sur les chances du GF38 de faire partie du trio de tête du championnat 2007-2008. Les prétendants ne manquaient pas : Nantes, le Havre, Montpellier, Guingamp, Sedan voire Bastia et Ajaccio. Les joueurs grenoblois ont pourtant fait taire les mauvaises langues en réalisant un formidable mois d’août qui leur ont permis d’occuper la première place du classement au soir de la quatrième journée. Mais un effectif trop réduit couplé à de mauvaises performances au cours de l’automne tempèrent les plus optimistes. Le GF38 clôt la phase aller avec trois défaites, dont une humiliante à domicile face au promu Boulogne-sur-Mer. Malgré la fausse vraie arrivée de l’international français Vikash Dhorasoo, le mercato hivernal est plutôt réussi. Néanmoins, les résultats continuent à être en dents de scie. Après sa défaite à Nantes le 27 mars, le GF38 ne compte pas moins de 12 points de retard sur le troisième au classement, Troyes. Un gouffre. Comment peuvent-ils alors valider leur montée en Ligue 1 un mois et demi plus tard ?
Les clés de la réussite
Plusieurs éléments expliquent cet incroyable revirement de situation. Le Stade des Alpes, inauguré en grande pompe fin février, n’est pas étranger aux bons résultats du GF38. Les joueurs ont semblé transcender par ce nouvel écrin et par la perspective de jouer devant quasiment 20 000 spectateurs. Le stade Lesdiguères a été rapidement oublié, laissé à la disposition des rugbymen du FCG sans aucun problème. En sept matchs, ils en ont gagné cinq, fait deux nuls et concédé seulement un but. Soit 17 points récoltés sur 21 possibles ! Autre explication de cette folle remontée au classement, et pas des moindres : l’effondrement de l’équipe troyenne. Du jamais vu. Troyes, qui évoluait l’année dernière en Ligue 1, présente des statistiques édifiantes : quatre nuls et six défaites sur leurs dix derniers matchs ! Seulement quatre petits points grappillés… Alors que Grenoble, avec un brin de chance, engrangeait les victoires à l’extérieur (Guingamp, Montpellier, Boulogne…), Troyes préférait collectionner les défaites à l’extérieur (Libourne, Ajaccio) et les nuls à domicile (Niort, Gueugnon, Dijon…). La spirale négative dans laquelle se sont enfermés les Troyens leur a été fatale. Enfin, il faut mettre en avant le formidable travail du non moins formidable Mécha Bazdarevic. L’entraîneur grenoblois avait déjà réalisé l’exploit de faire monter Istres en Ligue 1 en 2004 à la surprise générale. Et le bosniaque a récidivé sans se faire prier. Lui, l’ancien attaquant, a mis en place un système basé d’abord sur la défense - le GF38 finissant meilleure défense de Ligue 2 avec seulement 28 buts encaissés. Cette jolie réussite va forcément attirer l’attention de plusieurs clubs français ou étrangers à la recherche d’un technicien pour la saison prochaine. Difficile de dire pour le moment si Bazdarevic sera le coach grenoblois en août.
Et maintenant ?
Car désormais le défi qui attend le GF38 est simple : se maintenir à l’étage supérieur. Tâche ardue mais réaliste. Cela implique quelques ajustements et une politique sportive ambitieuse. Premier cheval de bataille : le développement des infrastructures, le Stade des Alpes étant l’arbre qui cache la forêt. Les terrains d’entraînements sont trop peu nombreux et le centre de formation indigne d’un club professionnel. Or, toutes les équipes compétitives doivent pouvoir s’appuyer sur un vivier de jeunes joueurs formés dans leurs structures. Les dirigeants sont aussi obligés de renforcer l’effectif. Avec tout d’abord la nécessité de conserver les meilleurs joueurs actuels, à commencer par l’attaquant vedette Nassim Akrour, en fin de contrat. Les jeunes pousses sont également sollicitées, et par les plus grands d’Europe (le meneur de jeu Sofiane Feghouli, 18 ans, serait sur les tablettes de Liverpool). Le budget du GF38 devrait s’élever aux alentours des 24 millions d’euros, ce qui permettrait de construire une équipe capable d’accrocher le maintien. Car les supporters sont déjà tournés avec gourmandise vers la pléiade de stars qui vont débarquer l’an prochain dans l’antre grenoblois. Avec au moins une exigence : gagner les derbys face à Lyon et Saint Etienne…
Pierre Nigay
Dernière mise à jour : 18-05-2008 21:02
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Merci Grenoble
Ecrit par: Grosso (Invité) le 21-05-2008 15:53