| Ecrit par Pitrel,
le 27-04-2008 21:49
|
Pages vues : 449  |
Favoris : 41 |
 Créée en 2000, l'association « Imane la Vie » a décidé de soutenir le choix des Touaregs. Vivre dans le désert plutôt que dans les bidonvilles nigériens. A la clé, la construction d'une école primaire à Goffat, au nord d'Agadez. L'un de ses enseignants était en France du 11 au 24 mars.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Abderrhamane Aboutali ne passe pas inaperçu, dans les rues de Grenoble, en tenue d'instituteur. Boubou (vêtement long en étoffe de coton, ou "bazin"), chèche (turban touarègue), malgré son caractère discret et réservé, les gens se retournent sur son passage. Car après deux jours passés à Paris, où il a pu visiter le Louvre et la Grande Mosquée avant de faire un tour sur la Seine, Abderrhamane a pris la direction de La Tronche. Une visite organisée dans le cadre d'une correspondance entre l'école tronchoise du Coteau et celle de Goffat.
Le voyage n'a pas été aisé à concrétiser, loin de là. Originellement prévu en septembre 2007, il fut reporté pour un problème de visa. « Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas pu l'obtenir, on ne m'a pas donné d'explication », explique calmement Abderrhamane. En réalité, il le sait, bien sûr. Le fait que les Touaregs soient entrés en rébellion contre le gouvernement, il y a un an, n'a sûrement pas joué en sa faveur. « Pourtant nous avons de bons rapports avec les autorités, ajoute-t-il. Nous appliquons le programme officiel et possédons l'autorisation du ministère. »
Diplômé de l'école normale de Niamey, Abderrhamane se souvient être arrivé dans l'école le 18 janvier 2000 (très précisément), en tant qu'instituteur. Il en est aujourd'hui le responsable pédagogique et connaît donc personnellement chacun des 95 élèves de l'établissement. Pas évident, lorsque l’on sait que ces jeunes gens sont tous nomades tandis que l’école, elle, est sédentaire. Le modèle de l’internat a donc été retenu : les élèves dorment à Goffat cinq jours par semaine et retrouvent leurs familles le week-end.
« En dehors de ça, il n’y a que peu de différences entre mon école et les écoles françaises », précise l’instituteur touarègue, venu échanger sur les techniques d’enseignement avec ses collègues du Coteau. Comme la France, le Niger est un pays laïc. Comme en France, les cours sont dispensés dans la langue de Molière, même si les Touaregs continuent à utiliser le Tamajaq (langue parlée) et le Tifinagh (écrite) couramment. « Les méthodologies et les contenus sont également très similaires, en dehors de la Géographie bien sûr ». D’autres différences marquantes entre son pays et le nôtre ? « La France est beaucoup plus moderne, et les gens semblent y travailler davantage », chuchote Abderrhamane après un temps de réflexion. « Les Touaregs ont pour règle de ne jamais dire du mal des autres », explique Gisèle, venue conter quelques histoires du peuple nomade à la bibliothèque de La Tronche. Ceci explique peut-être cela.
Thomas Pitrel
Dernière mise à jour : 30-05-2008 15:22
|
|
|