| Ecrit par Eléonore Tournier et Sandy Plas,
le 22-04-2008 16:32
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L’exposition d’Adel Abdessemed Drawing for Human Park, au Centre national d’art contemporain (CNAC), également appelé le Magasin, touchera à sa fin le 27 avril. Considéré par Le Monde comme « un des plasticiens les plus côtés de part et d’autre de l’Atlantique », l’artiste a fait de la mort, de la violence et de l’exil, ses sources d’inspiration. Retour sur une exposition qui fait du bruit.
Adel Abdessemed s’offre les galeries d’art les plus prestigieuses du monde : l’annexe contemporaine du Museum of modern art (MoMA) de New-York, la galerie David Zwirner de Manhattan… Il est le chouchou des plus grands collectionneurs, comme François Pinault, qui lui a réservé une place importante dans l’exposition de sa collection personnelle à Lille en 2007. Il travaille actuellement avec le subversif Noam Chomsky – linguiste américain souvent critiqué pour ses écrits politiques - au Massachussetts Institut of Technology.
La controverse comme moteur de la création
Une alliance qui n’a rien d’étonnante au vue de la réputation de l’artiste qui a forgé son image autour d’œuvres crues et provocantes. On retiendra notamment sa vidéo, exposée à la Biennale de Venise en 2003, de neuf couples faisant l’amour ou de la reconstitution d’un squelette géant de 17 mètres en 2004. La nudité des corps, les tensions générées par la globalisation, la religion, la politique, la culture et l’exil. Des thèmes qu’on retrouve constamment dans ses œuvres et qu’il puise dans son histoire personnelle. Né à Constantine en 1971, il vit le déracinement à l’âge de 23 ans, en venant s’installer à Lyon, après l’assassinat du directeur des Beaux-Arts d’Alger par des islamistes.
Une exposition qui questionne
Telle mère tel fils
Depuis le 3 février 2008, c’est à Grenoble qu’il a choisi d’exposer ses œuvres et offre une exposition unique, constituée de pièces créées sur place. Ainsi, Telle mère, tel fils, entremêlement de carcasses d’avion, ou Don’t trust me, vidéos chocs d’abattage d’animaux, attirent des collectionneurs étrangers, venus découvrir ces nouvelles créations.
Don't trust me
Ces œuvres expriment à chaque fois le dépassement physique et psychologique de l’artiste. Sur un mur, une grande planche recouverte de « griboullis » - Helikoptère - est en fait issue d’une expérimentation de l’artiste, qui a réalisé cette création suspendu par les pieds à un hélicoptère. Avec Also sprach Allah, c’est cette fois étendu sur un tapis et projeté en l’air, que l’artiste écrit en grosses lettres cette phrase, en référence au poème Also sprach Zarathushtra, du philosophe Nietzsche. Une œuvre volontairement provocante, qui dénonce le pouvoir des religions sur la représentation du monde. Elle est cela, étoile à cinq branches recouverte de résine de cannabis, apparaît comme un nouveau pied de nez, cette fois à l’étoile communiste. Pour l’artiste, elle représente une « œuvre de la négociation », entre lui-même, les dealers, les autorités et le spectateur.
Messieurs les volontaristes
Le message porté par Adel Abdessemed ne semble pouvoir être compris qu’avec les explications d’un guide. Malgré tout, c’est la perplexité qui domine à la sortie de l’exposition. Et le passage par un cercueil géant ne vient qu’appuyer ce sentiment de malaise qui plane tout au long de l’exposition.
Sandy Plas et Eléonore Tournier
Dernière mise à jour : 23-04-2008 16:51
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tagmxcomg52
Ecrit par: tagmxcomg52 (Invité) le 31-07-2008 20:19