| Ecrit par rolnin,
le 13-04-2008 17:49
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Il fallait faire vite. A peine nommé, Alain Joyandet, notre nouveau secrétaire d'Etat à la Coopération, a tenu à se rendre au Gabon, jeudi 10 avril, pour une visite express au meilleur des amis africains de la France : Omar Bongo. Son objectif : raviver la flamme vacillante de l' "amitié" franco-gabonaise. Mais quand la France se décidera-t-elle enfin à rompre avec la Françafrique de papa ?
Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, en juillet 2007.
Il faut dire que, depuis quelques mois, Omar Bongo nous en voulait. L'objet de son courroux ? La Françafrique, justement. En janvier, Jean-Marie Bockel avait osé vouloir décréter l' "acte de décès de la Françafrique". Pire encore, l'impertinence, que dis-je, l'insolence des journalistes de France 2, les avait conduit à diffuser une enquête sur le (luxueux) patrimoine immobilier du président Bongo. Crime de lèse-majesté. Notre ami Omar a vu rouge : n'a-t-on donc plus le droit d'acquérir de prestigieuses demeures avec de l'argent d'origines douteuses ?
"Quand il s'agit de Françafrique, la France ne s'embarrasse guère de principes".
Mais le mal est réparé ! L'impertinent Jean-Marie Bockel a été démis de ses fonctions. Et lors de sa visite au Gabon, Alain Joyandet a déclaré que "les nuages" ayant obscurci le ciel des relations franco-gabonaises étaient "derrière nous". Monsieur Bongo n'a pas compris ? Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, également du voyage, en remet une couche, rappelant l' "estime" de la France pour le président gabonais, et saluant (sans rire) ses "initiatives qui concourent à la paix et au développement". Comique. Ou consternant. Car, en dehors de son front de mer comprenant, entre autres, le palais présidentiel et une base militaire française, le Gabon ne connait guère de "développement".
Pour les autorités françaises, l'essentiel est de préserver la famille franco-gabonaise. Et notre ami Omar s'y connaît bien en matière de famille. Pour preuve, il est bien difficile de distinguer son arbre généalogique de l'organigramme des sociétés publiques du Gabon. Chez les Bongo, on aime se partager le pouvoir. Sans oublier, bien sûr, la manne pétrolière dont le peuple gabonais a bien du mal à voir la couleur. Mais chut... Quand il s'agit de Françafrique, la France ne s'embarrasse guère de principes.
Jennifer Rolnin
Dernière mise à jour : 20-04-2008 17:18
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Belle initiative journalistique
Ecrit par: Roland Marci (Invité) le 17-04-2008 21:58