| Ecrit par Nigay,
le 09-04-2008 13:24
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Délicieuse et délicate mission qui nous a été confiée à nous, étudiants en M1 Journalisme de l’IEP. Il s’agit d’exercer une pression médiatique auprès des services qui participent à la simulation d’accident nucléaire à l’Institut Laue-Langevin (ILL), institut de recherche nucléaire situé sur le polygone scientifique de Grenoble. En clair : se faire passer pour différents médias et harceler par tous les moyens la préfecture, les services de gendarmerie et de police, les pompiers, les hôpitaux, etc, pour tester leur système de communication. Résumé de cette journée épique en plusieurs épisodes.
Mardi 8 avril, 9h15 : branle-bas de combat en salle de rédaction de l’IEP. Trois équipes ont été constituées : huit d’entre nous partent sur le terrain, armés de caméras et de micros, pour observer la mise en place du plan particulier d’intervention. Cinq étudiants rejoignent les locaux de la préfecture, où une salle munie de trois téléphones- mais sans ordinateur- leur est réservée. Enfin, une équipe de quatre reste à l’IEP pour coordonner les actions et rédiger en temps réel des brèves sur le site Internet.
9h 50 : c’est parti ! Le premier communiqué de presse nous parvient, avec une demi-heure de retard sur le planning. Les équipes de télévision, radio et presse écrite sur le terrain interviennent à l’école maternelle Elsa Triolet où les enfants ont été mis à l’abri. La directrice et les instituteurs refusent de répondre aux questions, à l’inverse du bavard inspecteur d’académie. Surprenant, surtout que ce dernier n’aurait certainement pas été sur place si l’accident avait été réel… Le harcèlement téléphonique tous azimuts débute en fanfare : Thomas « le blogeur local » rencontre beaucoup de difficultés à obtenir des informations et essuie plusieurs refus secs de la part de l’hôpital ou du Service Départemental d'Incendie et de Secours. Les services de préfecture sont beaucoup plus coopératifs auprès des « journalistes » qui les appellent, tout comme les chargés de communication de l’ILL.
« C’est vous les faux-journalistes ? »
10h30 : Nos amis du terrain s’embourbent. Pas uniquement à cause de la pluie torrentielle mais surtout à cause du comportement blasé des acteurs. Cri du cœur de nos JRI : « Ils ne jouent pas le jeu ! ». Les pompiers et les gendarmes refusent de divulguer la moindre information. L'accueil de l'ILL leur adresse même un retentissant et désolant « Ah, c’est vous les faux-journalistes ? ». Dépitées mais pas abattues, les équipes se sont dispersées sur le terrain. Certains se retrouvent au Poste de Commandement Opérationnel (PCO), au gymnase Gérard Philippe à Fontaine. Jennifer y avait déjà passé une demi-heure sans voir âme qui vive… Sur place, du monde mais personne ne daigne leur répondre. Pendant ce temps, la traque continue au téléphone. Beaucoup d’acteurs, telles la mairie de Fontaine ou la gendarmerie, se murent dans le silence et renvoient invariablement leur interlocuteur vers la préfecture, seul organe habilité à communiquer.
11h30 : Fanette, Samia and co interviewent le préfet pendant un quart d’heure. Les équipes à la préfecture sont épaulées dans leur démarche par un pompier spécialisé dans la communication en cas d’incident nucléaire. Plusieurs dysfonctionnements commencent à se faire sentir comme le manque de communication entre la préfecture, l’ILL et le PCO. Par exemple sur la situation des deux blessés qui ont été transportés à l’hôpital. Autre problème : peu de personnes sont capables d’expliquer clairement la nature de l’accident. Matthieu, éclairé par un spécialiste du nucléaire, prend un malin plaisir à demander des détails techniques à ses interlocuteurs. Sur le terrain, plusieurs binômes ont accédé à l’ILL et au CEA où ils ont pu faire des interviews. Il était pourtant prévu de dresser des barrages routiers pour sécuriser le périmètre. Un policier demande même à Sandy et Marianne la signification des initiales ILL. Déprimant…
Mention spéciale à l’ILL
13h00 : Tout le monde se retrouve à la préfecture pour un petit débriefing autour d’un appétissant plateau-repas. Le bilan est mitigé : les équipes de terrain sont clairement déçues des délais d’attente trop importants et du manque de conviction des acteurs. Caroline avait bien tenté de s’infiltrer discrètement dans le Commandement Opérationnel Départemental mais elle s’est rapidement fait repérer ! Mention spéciale tout de même à l’ILL et à son attaché de presse, Françoise Vauquois. Très professionnelle, elle a en permanence cherché à nous informer en jouant vraiment le jeu. L’exercice montre aussi qu’il était plus facile d’obtenir des renseignements lorsque l’on se faisait passer pour des médias nationaux, comme lemonde.fr. Retour à l’IEP pour écrire nos articles et visionner nos images.
15h00 : Sixième et dernier communiqué de presse que l’on reçoit. C’est le signal de la fin de l’exercice. Un exercice qui aurait mérité d’être plus ambitieux au vu de l’attitude parfois désinvolte des personnes sur le terrain. Car quel intérêt d’une simulation si les acteurs concernés ne prennent au sérieux la pression médiatique ? Sentiment général de Sébastien : « il ne me manquait plus qu’un nez rouge pour faire le parfait clown ! »
Pierre Nigay
Dernière mise à jour : 24-04-2008 13:55
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tagmxcomg59
Ecrit par: tagmxcomg59 (Invité) le 14-08-2008 21:32