| Ecrit par Nigay,
le 09-03-2008 23:47
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« Sale négro ! Sale singe ! ». Ces insultes d’un supporter messin fusent des travées du stade Saint Symphorien, pendant le match Metz-Valenciennes fin février. La cible n’est autre que le capitaine marocain de l’équipe valenciennoise, Abdeslam Ouaddou.
Cet acte d’une rare stupidité est une preuve de plus de la présence du racisme dans les stades de football. Mais la faute à qui ?
Comme le montre Patrick Vassort dans Football et politique: sociologie historique d'une domination, le football est certainement l’un des sports les plus ambivalents qui soient. Plusieurs caractéristiques du foot symbolisent les traits saillants de la société industrielle dont ce sport est historiquement le produit : division des tâches, initiatives individuelles, planification collective, etc. Il joue alors le rôle du miroir qui réfléchit les injustices et les bêtises de notre société capitaliste. La violence, bien sûr, fait partie de la liste, tout comme le racisme. Alors pourquoi manquer de s’étrangler quand on voit, en janvier 2004, des supporters belges déployer des drapeaux du Hamas et du Hezbollah en criant « Juifs au gaz ! Égorgeons les Juifs ! », lors d'un match opposant la Belgique à Israël ? Si la scène est choquante, elle est jouée des centaines de fois tous les jours aux quatre coins du monde par des fanatiques. Au nom de quoi le foot devrait-il montrer le bon exemple ? Un enfant doit-il forcément être meilleur que sa mère ?
La violence, maladie nosocomiale du football
Mais le football a aussi sa part de responsabilité dans l’histoire. Car ce sport a besoin de violence pour vivre, il se construit autour. Camille Dal, dans Football : sociologie de la haine, explique que la violence fait partie intégrante du foot, « tout comme l’anus fait partie du corps humain. Disgracieuse, gênante, on s’en passerait bien, mais la violence est en même temps indispensable à la survie de l’institution car, sans elle, l’objet serait profondément dénaturé et aboutirait à son autodestruction ». On se retrouve donc dans une situation schizophrénique, avec des instances dirigeantes qui prônent le fair-play alors que le foot est intrinsèquement violent. Une violence qui peut être réelle, comme les agressions de joueurs, ou symbolique – maintien sous pression, élimination des plus faibles…
Alors le football victime des passions qu’il déchaîne ou bien infernal producteur de haine ? Une seule certitude : le match contre le racisme est loin d’être gagné…
Pierre Nigay
Dernière mise à jour : 23-03-2008 09:23
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intellectualisation superflue ?
Ecrit par: flash (Invité) le 14-04-2008 14:58