| Ecrit par Nigay,
le 01-03-2008 09:38
|
Pages vues : 900  |
Favoris : 57 |
Page 1 sur 2
Le groupe Lyon Mag, installé depuis 1995, contribue au débat local entre Rhône et Saône. Mais le ton corrosif de la ligne éditoriale et l’indépendance affichée par les journalistes suscitent des attaques de toute part.
Comment un groupe de presse indépendant de province, qui aime faire éclater au grand jour les magouilles en tout genre et qui n’hésite pas à tacler durement les puissants de la bourgeoisie lyonnaise, arrive-t-il à (sur)vivre ? Réponse : difficilement.
Lyon Mag a dès le début voulu trancher dans le -consensuel- paysage des médias lyonnais, dominé à l’époque par l’ex groupe Hersant avec Le Progrès. Au risque de s’attirer les foudres de certains, la rédaction a mené plusieurs investigations : affaire de mœurs chez les magistrats, montée de l’islam radical dans les banlieues ou corruption de politiques lyonnais. L’intellectuel musulman Tariq Ramadan n’a pas supporté l’une d’entre elles : il a donc porté plainte deux fois contre Lyon Mag. Le magazine lui avait consacré un dossier, en mettant en avant son côté « intraitable prédicateur de l’islam ». Jean-Michel Aulas, l’omnipotent président de l’Olympique Lyonnais et PDG de l’entreprise d’informatique Cegid, à traîner Lyon Mag devant la justice plusieurs fois. Il se plaint d’un acharnement à l’égard de son club de football. Le dernier exemple en date est le dossier réalisé dans le numéro de février sur le futur stade du club. L’article dénonce notamment les problèmes liés à l’emplacement de la future enceinte. Et Aulas n’a vraisemblablement pas digéré la publication du livre « Aulas, l’enquête interdite », rédigé sans son autorisation par Thomas Nardone, le rédacteur en chef de Lyon Mag. Dominique Perben, candidat UMP aux municipales à Lyon, ne porte pas non plus Lyon Mag dans son cœur. Il refuse maintenant d’accorder la moindre interview au magazine. Philippe Brunet-Lecomte, fondateur de Lyon Mag, donne son explication : « ceux qui exercent un pouvoir ont toujours des difficultés à accepter des contre-pouvoirs ».
« Situation économique tendue »
Autre handicap pour Lyon Mag : aucun grand groupe de presse n’est derrière pour renflouer les caisses. Si le magazine maintient ses ventes –autour de 20000 exemplaires par numéro -, le chiffre d’affaires est en baisse : 2,7 millions pour la période 2006-2007, soit 19% de moins que l’année précédente. Le manque de publicités ralentit également la progression du groupe, et risque de conduire à la suspension de trois trimestriels.
Dernier tracas en date, et pas des moindres : « l’affaire Latouche ». Du nom d’un actionnaire minoritaire de Lyon Mag, Christian Latouche, PDG du groupe Fiducial. Ce dernier tenterait de prendre le contrôle du magazine, et refuserait de signer une charte d’indépendance éditoriale. C.Latouche exige le remboursement à court terme des 500 000 euros qu’il a prêté au groupe Lyon Mag au cours de l’été 2007. Impossible vue la situation économique tendue du groupe. L’affaire est portée devant le tribunal de commerce et Lyon Mag obtient une clause de sauvegarde en décembre dernier. Les dettes de l’entreprise sont donc gelées pendant six mois, ce qui permet la poursuite de ses activités. Certains membres de la rédaction voient dans cette tentative de prise de contrôle une manœuvre politique. En effet, l’avocat de C.Latouche est Me Genin, un proche de… Dominique Perben.
Actuellement, Lyon Mag cherche à réunir 800 000 euros pour une augmentation de capital. 800000 euros, le prix nécessaire pour continuer à écrire en toute liberté…
Pierre Nigay
Dernière mise à jour : 11-04-2008 07:10
|
|
|
tagmxcomg46
Ecrit par: tagmxcomg46 (Invité) le 27-07-2008 22:03